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Il y a presque trois ans lors de la COP 21, la France avait annoncé l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 32% dans la production globale d’énergie. Cet objectif est-il réalisable ? La France dispose-t-elle du potentiel de ressources suffisant pour ces ambitions en matière d’énergie propre (énergie solaire et éolienne notamment) et de développement durable ?

Le potentiel de la France en matière d’énergies renouvelables

Contrairement à ce que l’on peut penser, la France possède un bon potentiel solaire. En effet, une installation photovoltaïque typique de 85 kW implantée en périphérie de Marseille, nécessite une surface de 4000 m² de panneaux solaires. La production annuelle d’électricité d’une telle centrale est d’environ 130 MWh. Aujourd’hui, la part du solaire en France est inférieure à 1,5%, ce qui lui offre une formidable marge de progression dans les années à venir. Mieux, l’énergie solaire photovoltaïque est appelée à jouer le rôle de vecteur de la transition énergétique dans le pays.

Du côté de l’éolien, la France n’est pas en reste et représente même le deuxième plus important gisement éolien d’Europe, derrière le Royaume-Uni. Mais certains se posent des questions sur les espaces – potentiellement très vastes – nécessaires à l’installation des panneaux solaires et des éoliennes. Cette crainte n’est pas fondée car, en se basant sur l’exemple de l’installation photovoltaïque située près de Marseille, les derniers calculs démontrent qu’il faut compter environ 47 m² pour 1 kW de puissance photovoltaïque installée à l’échelle de toute la métropole. Pour l’éolien, la puissance moyenne installée est d’environ 4 MW par km.

Le solaire et l’éolien sont-ils suffisamment compétitifs face au nucléaire ?

En se basant toujours sur l’exemple de l’installation photovoltaïque dans le sud-est de la France, le prix de revient est de 80 euros pour 1 MWh, sans intégrer les subventions rapportées aux investissements liés aux énergies renouvelables. À titre de comparaison, le prix de revient de l’électricité nucléaire en France est aujourd’hui de 49 euros le MWh. Ce prix atteindra 65 euros le MWh en tenant compte des coûts liés au projet D’EDF d’allonger la durée de vie du parc nucléaire français. En conclusion, solaire et éolien peuvent clairement entrer en concurrence avec l’énergie nucléaire.

Qu’en est-il des énergies marines ?

Bien que la France en ait un potentiel respectable, ce type d’énergie ne contribue actuellement qu’à 0,08% du total de l’électricité produite au niveau national. Une situation qui pousse le gouvernement à viser la production de 3 % de l’électricité en France à partir des énergies marines, éolien offshore compris, d’ici 2020. Cependant, la décision de l’industriel français Naval Energies, en juillet 2018, de mettre fin à ses investissements dans l’hydrolien a porté un coup dur à l’ensemble du secteur en France.

32 % d’énergies renouvelables en 2030, est-ce c’est réalisable ?

En 2015, le mix énergétique français compte environ 17 % d’énergies renouvelables réparties entre 10 % d’hydraulique, 3,7 % d’éolien, 1,4 % de biocarburant et 1,3 de solaire. L’objectif national de parvenir à 32 % d’énergies renouvelables en 2030 est tout à fait réaliste.