ordures

Les décharges à ciel ouvert se comptent par dizaines de milliers partout dans le monde. Négligence, mauvaise gestion, dépôts sauvages, ces zones s’étendant sur des millions d’hectares sont un cadeau empoisonné laissé aux générations futures.


4 millions d’hectares de décharge rien qu’en Russie

La Russie est l’exemple type de ces pays dans lesquels la gestion des déchets ménagers, hospitaliers ou encore industriels est désastreuse. Et pour cause puisque dans celui qui est le plus grand pays de par sa superficie, il n’existe pratiquement aucune filière de tri ou de recyclage efficace.
A travers toute la Russie, les habitants se plaignent. Loin de la capitale et des grandes villes, les tas d’immondices sont parfois aux portes des villages, voire au pied du mur d’enceinte des écoles.

Une situation de plus en plus difficile qui a d’ailleurs valu à Mr Poutine de se faire interpeller en direct en 2017 concernant une immense décharge aux portes même de la capitale russe, Moscou. Cette décharge fut ouverte sous l’ère soviétique, dans le milieu des années 1960. A en croire le site sur l’environnement Bio-Blog, celle-ci accueillait un peu moins de 12 millions de tonnes de déchets non triés chaque année, formant ainsi un tas haut comme un building de 30 étages. Cet amoncellement d’ordures est même visible de l’espace, comme d’autres sur le territoire russe.

Finalement, après la question de Moscovites à leur dirigeant, cette décharge a été rapidement fermée sans que l’on ne sache vraiment où sont redirigés les 12 millions de tonnes qui y étaient normalement déversés tous les ans.

France : une décharge cachée sous votre maison ou votre jardin ?

En France, la problématique des décharges à ciel ouvert n’a rien de comparable à la situation précédemment décrite, ni en nombre, ni en superficie. Tout du moins, pour celles dont on connaît encore l’emplacement.

Des milliers de décharges oubliées sous nos pieds ?

Il existerait sous nos pieds, et bien souvent sans que l’on ne s’en doute le moins du monde, plusieurs milliers de décharges oubliées. Si aujourd’hui il existe une réglementation très claire concernant les ordures ménagères, le moins que l’on puisse dire, c’est que par le passé, leur gestion a souvent été problématique.

Ainsi, pendant des dizaines d’années, les 36 000 communes se sont débrouillées avec plus ou moins de réussite à gérer les déchets ménagers. Certaines l’ont fait sur des sites précis, avec l’accord de la Préfecture. Mais pour beaucoup, il y a 50 ans, celles-ci se sont bien souvent faites sans que les autorités n’en soient informées. Progressivement, la loi évoluant, elles ont finalement été fermées pour être remplacées par des déchetteries permettant de trier, de recycler et de valoriser les déchets.

Pourquoi ne connaît-on plus l’emplacement des décharges ?

La mise en place d’une réglementation stricte en France a complètement bousculé notre gestion des déchets, notamment ménagers. Pour tourner la page et réhabiliter les sites, bon nombre ont été recouverts de terre, puis végétalisés.

Or, cela représente au bas mot, au moins une décharge dans chaque commune, parfois deux. Et toutes n’étant pas dans la légalité, certains se sont empressés de les reboucher. Avec le temps, les habitants ont oublié leur emplacement et les maires ne savent plus où elles se situent. Ainsi, partout en France, on compterait au moins 60 000 de ces anciennes décharges à l’emplacement inconnu, tout du moins si on en croit les confidences d’un chercheur du CNRS rapportés par BFM.

Le problème majeur réside dans le fait que les municipalité ne savent pas quels résidus y ont été entreposés. Huile de vidange ? Batteries ? Electroménager ? Une méconnaissance qui pose un véritable problème environnemental avec une possible pollution des sols, des cours d’eau et des nappes phréatiques qui peut se révéler catastrophique.

Dans le cadre de la Loi ALUR, le ministère de l’Environnement doit procéder d’ici à 2019 à un nouveau recensement afin d’en contrôler l’impact environnemental et d’éviter tout problème sanitaire.